Ce fut une décennie faste et fastueuse (je parle d’écriture et de poésie, de faire et de dire de voix et de geste, de son, de rumeur et de musique, de son, de vocable et de parole, de parole et de mots et de mots).
Ce fut une décennie faste et fastueuse,
une décennie fastigiée et fastidieuse : un régal.

Il y avait eu déjà des signes annonciateurs de la décennie celle qui débuta avec le couple neuf-zéro (90) :
Mars, disparu dans les couloirs des asiles psychiatriques où il répare les artistes et poètes dits malades.
Frédérique Guétat-Liviani , toujours dans la recherche de la parole secrète, du geste sacrée et de leur fantôme.
Stéphane Bérard qui trafiquait à l’encre folle les papiers administratifs avant que de devenir une star de la vidéo et de la traduction des grands classiques.
Nathalie Quintane dont la légèreté est si pertinente qu’elle m’assomme, m’ensuque.

Et Christophe Tarkos : je me souviens très bien de cette première visite au couvent du Refuge (on y entrait par la rue du déshonneur/des honneurs et on en sortait par la rue des repenties), nous étions accoudés à la banque d’accueil du Refuge, exactement comme appuyés à un comptoir, lui déjà ne buvait plus et moi, déjà, cette année là, je comptais cesser de boire, nous étions là et il n’y avait rien à boire.
Il me parlait de ces textes en carré, en cercle et en ovale, il me parlait de sa langue comme on lira plus tard*

Cela ne débordera pas . Cela
ne peut pas déborder, cela
ne débordera pas de ses

des autres desseins pour quelques nouveaux calligrammes*,

mon sourire
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la richesse d’une forme* où tous à tour de rôle avons été confronté et de son écriture déjà à fond de caisse, à tombeau ouvert où chaque parole induit du texte, du texte vrai jusqu’à lui insoupçonné, où chaque mot implique un autre mot dont la signification avant son écriture nous échappait...

de te en vrai voulu voulais donnes donné où de moi
je l’ai vu à donnes je personne vu entendu il donnes

Il peut même tout au long d’un mot n’en plus finir avec son vocabulaire avec son enfilement de verbes et de leur conjugaison. Il faudrait lire sans cesse à l’heure du T.G.V. entre Lille et Marseille Le Train** ce train qui n’en finit pas de filer d’affirmation en négation

y.-----------n’ai y.------------N’ai.-----------Ai. Le je ne me. Me le ne je. Ne je le me. Je me ne le. me ne

puis pour rendre accessible sa lecture, son écoute, son dire et son faire, pour permettre la traduction de la succession de ses éclats de rire, de comprendre sa posture et sa démarche (au sens propre du terme) sa parure (au sens vestimentaire) son penchant (au sens corporel) il écrit des égalités chez de bons éditeurs***

La lettre fait référence au halo qui entoure la lettre.`
Le rouge ne fait pas rouge, il fait seulement rouge.
La métrique est remplacée par le sac.

Ainsi donc Al Dante montre, ici, dans ses livres quelques aspects de nos archives, les traces siennes de nos premières rencontres : brouillons, croquis, esquisses, manuscrits quelques écritures de l’ancien temps, celui de la dactylographie et ce rapport renouvelé et indécis entre le texte et l’image entre le prononçable et le (visible-lisible) disible.
L’amour du livre et l’amour pour ses auteurs permet à Laurent Cauwet de partager avec d’autres (éditeurs) des écrits indispensables.
Arrête ton regard, Ô Lecteur, et déplie ton cortex...

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* C. Tarkos Ma langue Éditions Al dante/Niok - 2000
** Christophe Tarkos Le Train Station Underground d’émerveillement littéraire - 1996
*** C. Tarkos Le Signe = P.O.L. - 1999